Hélène Spindler

Psychologue Clinicienne

Doctorante

helene.spindler@lilo.org

Recherche : « La spiritualité comme dynamique de changement dans la relation thérapeutique », ou « L’éthique de la relation thérapeutique : l’autre et le Sacré »

Directeur de thèse : Antoine Bioy, Université Paris 8

Co-directeur : Mauricio Neubern, Université de Brasilia

 

Résumé :

La spiritualité pourrait-elle être comprise comme une matière existentielle, présente au cœur de l’humanité et se manifestant sous des formes diverses procédant d’un processus commun ? Autrement dit, la spiritualité peut-elle être envisagée comme une caractéristique fondamentale de l’être humain, bien que déclinée de multiples manières ?

Peut-on dès lors appréhender le spirituel comme une dimension inhérente au développement de la personne ?

Enfin, est-il possible de penser et d’identifier une spiritualité « saine » par opposition à une spiritualité « troublée », voire pathologique ?

Le processus thérapeutique peut-il être envisagé comme un lieu de rencontre, porteur d’une transformation potentielle qui ne concerne pas uniquement le patient dans son chemin vers la guérison, mais également le thérapeute, dès lors que celui-ci s’ouvre à sa propre transformation ?

L’écoute de l’autre, comprise comme une ouverture à l’insensé et à l’inédit, ne relève-t-elle pas d’une dimension spirituelle ? Cette ouverture s’exprime notamment par l’accueil du « je ne sais pas », par l’écoute de l’intelligence de la situation — autrement dit de la vie elle-même —, par l’adhésion à des valeurs éthiques porteuses d’un absolu vers lequel tendre, ainsi que par la reconnaissance de la dimension sacrée de l’être, considérée par le thérapeute comme une posture de base fondamentale.

La posture du thérapeute n’a-t-elle pas à être interrogée du côté du rapport au vivant et au sacré, à l’image de l’ensemble de l’humanité ?

Un foisonnement de pistes à creuser, développer, construire, vers une problématique argumentée

La spiritualité apparaît comme une dimension intrinsèque et constitutive du développement humain. Elle s’enracine dans l’acceptation du « je ne sais pas », envisagé comme un mode de relation au Grand Tout. L’être humain se construit à partir de ses limites et de sa finitude, dans l’incertitude et au cœur d’une quête existentielle où cohabitent l’absurde et le mystère.

Cette démarche interroge l’être et le vivant, et s’inscrit dans une dimension ternaire qui met en tension la verticalité et l’horizontalité, à l’image de la croix, point de rencontre entre ces deux axes. Elle suppose l’apprentissage de l’autre à travers la rencontre, l’éveil à une conscience collective et la capacité à se relier. Dans ce mouvement, l’amour se révèle comme une pulsion de vie, ouvrant l’être à de nouveaux possibles.

Une méthodologie de recherche : 

Cette recherche qualitative pourrait interroger 4 groupes : un groupe « témoin », un groupe tout venants, un groupe de chercheurs spirituels « aguerris », c’est-à-dire ayant un parcours dans la spiritualité ancien et reconnu, un groupe de thérapeutes, un groupe de « soignés » ou « patients ».

Pour répondre à deux grandes questions : 

Peut-on envisager le spirituel comme une dimension du développement de la personne ?
En quoi ce constat se décline dans la relation thérapeutique ?
 Mon hypothèse est qu’elle amène une éthique de la relation, qui peut être incarnée, portée, habitée par le thérapeute